Le tatouage, oeuvre artistique et culturelle

Amandine est une jeune artiste tatoueuse de 35 ans. Après des études en arts plastiques à la Sorbonne, un emploi de photographe et de journaliste, elle décide de se lancer dans ce qui l’a toujours passionné. Elle rencontre alors Steve, artiste tatoueur ruthénois. Après lui avoir écrit un article, elle devient son apprentie.

La jeune femme ouvre sa boutique, « L’Imprimerie Tattoo Club », rue Pénavayre à Rodez, en décembre 2015. Joliment décorée, on y trouve des dessins des nombreuses pièces qu’elle a tatouées. Elle distingue dans son travail deux aspects essentiels: d’abord le dessin, qui lui permet d’exprimer sa créativité, puis le moment du tatouage où la technique prend le pas.  Amandine confie d’ailleurs ne pouvoir dissocier les deux : « je dessine car je veux tatouer », dit-elle. Adepte du tatouage traditionnel et néo-traditionnel, elle explique « un tatoueur bénéficie bien souvient du style de son maître ». Elle réalise également des « cover », une pratique difficile consistant à recouvrir un ancien tatouage par un nouveau.

L’artiste tatoueuse considère sa pratique comme une démarche culturelle, selon elle : « le tatoueur laisse sa marque, sa patte sur la personne ». Elle reconnaît cependant avoir des demandes récurrentes, dues à certaines modes, « quand j’avais 15 ans, la mode était aux dauphins et aux motifs tribaux, aujourd’hui on me demande beaucoup de signes infinis et de roses », affirme-t-elle. Malgré cela, elle s’intéresse tout de même à chacun des projets qu’on lui soumet. Sa clientèle se compose d’ailleurs majoritairement de femmes, elle distingue sur ce point les jeunes filles d’environ 17 ans et les mères de familles, ces différentes cibles n’étant pas demandeuses des mêmes motifs. De nature compréhensive et chaleureuse, Amandine se démarque par sa personnalité et l’importance qu’elle voue au relationnel dans son métier. Sa devanture colorée et son style font également partie de ses points forts.

Concernant sa perception du tatouage, Amandine le voit comme un art à part entière. C’est pour cette raison qu’elle a adhéré au « SNAT », Syndicat National des Artistes Tatoueurs, qui lutte pour leur reconnaissance. Ils ne bénéficient légalement d’aucun statut officiel. Ce qui importe alors pour les adhérents au SNAT, c’est avant tout d’être reconnu comme des artistes. Ce mouvement majeur chez les tatoueurs s’oppose à une seconde pensée. Celle-ci exige une formation encadrée (un CAP) pour exercer ce métier, ce qui serait contradictoire avec la reconnaissance des tatoueurs comme des artistes, puisqu’ils suivraient une formation commune ne prenant pas en compte leur style ou leur créativité personnelle.

Marion Madonna et Clarisse Péroches

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